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Témoignage exclusif : Fatim Ezzahra Benabderrazik, Héroine de l’accouchement sur un vol de la RAM.

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Fatima Ezzahra Benabderrazik, étudiante à la faculté de médecine et de pharmacie de Marrakech, a fait accoucher une passagère à bord d’un vol de la Royal Air Maroc, qui reliait Casablanca à Montréal. Une action qui exige beaucoup de courage et de passion. À l’arrivée, le bébé et la maman, en parfaite santé, ont été rapidement transférés à l’hôpital Sainte-Justine.

Le témoignage de Fatima Ezzahra Benabderrazik:

“Je ne me suis que très peu exprimée sur l’événement qui a marqué ce Samedi 14 Juillet. Sur la demande d’un étudiant de la Faculté de Médecine de Tanger, je vais vous raconter comment j’ai vécu cet accouchement dans les airs.
Mais avant tout, il y a quelques faits importants à savoir, qu’on ne trouve nul par écrit sur la presse.
Je suis étudiante en fin de 6ème année à la Faculté de Médecine et de Pharmacie de Marrakech. Quelques jours avant mon départ pour un stage décroché au service des Urgences de l’Hôpital Santa-Cabrini de Montréal, j’ai passé ma dernière garde en Obstétrique.
Comment vous dire ? Je n’ai jamais été une grande fan d’Obstétrique, d’ailleurs pour l’anecdote (mes collègues pourront vous le confirmer), j’ai toujours été la première à me plaindre des douloureuses, longues et épuisantes gardes de 24h.
Donc tout naturellement, j’étais heureuse et soulagée de quitter le Service d’Obstétrique, sans me douter une seconde de ce que l’avenir me réserverait.

Samedi 14 Juillet :
18 : 05 : Trop contente, j’ai embarqué et de surplus l’avion de la RAM n’a pas fait de retard, ce qui n’est pas l’accoutumé surtout pour la liaison Casablanca- Montréal.
21 : 00 : Un agent de bord avec qui j’avais sympathisé m’informe qu’une passagère enceinte de 7 mois aurait rompu sa poche des eaux, puis il me demande d’aller la rassurer.
Tout naturellement, je lui conseille de d’abord faire un appel médecin à bord, voir si quelqu’un de plus qualifié que je ne le suis pourrait la prendre en charge.
LE NÉANT… Personne ne se présente. Du coup je prends mon courage à deux mains, et me dirige vers elle.
Elle était allongée, les yeux fermés sur le dos dans un petit bout d’avion que l’équipage avait spécialement aménagé pour elle.
Je n’ai pas osé la réveillée et j’ai attendu accroupie, tranquillement qu’elle ouvre les yeux. Je me suis présentée et l’ai rassurée.
Accompagnée d’une hôtesse de la RAM, nous sommes restées à ses côtés pendant le « travail ».
Pendant que Najat avait ses contractions, je me sentais démunie, car il n’y avait rien que je puisse faire pour soulager sa douleur.
1h30 avant l’atterrissage le nombre de contractions augmentaient, elle allait accoucher d’un moment à l’autre.
J’ai tout de suite informé le chef de cabine principal, qui sans plus tarder, à demander aux membres de l’équipage d’aménager le couloir le plus proche pour l’accouchement. Ils ont mis à ma disposition des gants propres, des clamps, des ciseaux stériles et une bouteille d’oxygène avec un masque.
Une fois transportée, je me suis rapidement rendue compte, que le bébé était presque sorti seul, il ne restait plus que ses petits pieds.
Ce qui m’a le plus frappé c’est qu’elle est sortie enveloppée du chorion et de l’amnios, qui ne se sont pas rompus.
Je l’ai libérée, elle avait vraiment envie de voir ce qui se passait dans le monde, puis je l’ai posé sur le ventre de sa maman. Et j’ai clampé le cordon, sans le couper.
Au début, elle était inanimée. Najat pleurait et me disait : Ma fille est morte, ma fille est morte, je ne veux pas … non je ne veux pas
Et je lui répondais : NOON elle est vivante, elle est vivante !!
Comme j’ai passé un stage en néonatologie, j’avais en tête quelques gestes pour la prise en charge d’un prématuré.
Je l’ai enveloppée dans plusieurs couvertures puis je lui ai masser le thorax et j’ai essayé faire sortir ses sécrétions, et l’ai mise sous oxygénothérapie.

SOULAGEMENT, elle est vivante. Les mots du monde ne saurait décrire le soulagement et la joie que nous avons ressenti, Najat, l’équipage et enfin moi-même.

Une hôtesse de l’air et moi sommes restées accroupie 1h , elle la source d’O2 dans les mains et moi la tête de la petite entre les miennes !

Une des heures les plus longue de ma vie, je priais le bon dieu pour qu’on atterrisse rapidement afin que notre bébé bénéficie des soins nécessaires.

À l’atterrissage une équipe d’ambulanciers était déjà là, ils ont sans tarder transférer le bébé dans une ambulance spécialisé, puis un peu plus tard la maman.

Quand j’ai fais ma transmission, ils n’y croyaient pas. Ils m’ont répété à mainte reprise : Good JOB !!

Hamdoullah notre bébé va bien, ainsi que la maman ! Et c’est ça notre plus belle réussite.
J’utilise le pronom nous, car avec l’équipage de la RAM nous avons formé une équipe qui avait pour unique objectif le bien-être de maman et bébé !

À aucun moment avant le décollage, je n’aurai pensé ce qu’allait nous réserver le Destin.
Je ne pensais pas être capable de gérer une situation aussi stressante, avec autant de calme et de sérénité.
Je ne remercierai jamais assez le bon Dieu de nous avoir guider dans ce moment extrêmement difficile.
Alhamdoullilah !

NB : Pour tous les étudiants en Médecine : Profitez au maximum de vos stages d’externat ! Un jour peut-être ce sera vous. ”

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