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Médecine : Avant/Après. par Tawab Ait Abdelmoula

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Je suis une étudiante en 2 ème année médecine de la faculté de médecine et de pharmacie de Marrakech . Je boycotte les cours magistraux, les travaux pratiques et les travaux dirigés depuis le 19 /3 /2019. A la lecture de ces 2 lignes, vous pouvez vous poser la question suivante : quand est-il des stages hospitaliers ? J’aimerais vous répondre en disant que ce sont les étudiants externes qui assument avec bravoure cette responsabilité. Avant de vous étayer les raisons qui m’ont obligée à me révolter, j’aimerais vous raconter comment j’ai intégré la fmpm.

Apres l’obtention de mon baccalauréat mention très bien, j’ai dû me déplacer de ville en ville pour passer les concours d’accès des écoles supérieures dont j’ai vérifié les conditions de candidature, grâce a mes notes. Je passais les épreuves proposées avec un pourcentage de concentration minime parce que mon esprit était obsédé par une et unique date : le 27 juillet 2017. Vous devinez la suite de l’histoire. C’est la date du concours d’accès à la faculté de médecine et de pharmacie de Marrakech. Et vint le jour J. Un stress épouvantable m’envahit. Une angoisse me serre la poitrine. Mon cœur ne cesse de battre avec force les parois de sa cage. C’était un jour décisionnel. Un jour où je me suis promise de concrétiser mon rêve. Je ne cessais de me répéter les mots suivants : je serai parmi les 350 élus.. 350 parmi plus de 20000 candidats du sud du Maroc. Apres des heures d’attente, je ne pouvais m’empêcher de pleurer de joie a la vue de mon nom affiché dans la liste principale des admis. Je me suis alors dit qu’un future brillant m’attendait… finies les difficultés. Finis les obstacles.

Or cette pensée à la fois naïve et innocente a connu sa fin dès mon premier jour a la faculté. Des emplois du temps très condensés que je ne trouve plus du temps libre, un temps libre consacré autrefois à mes activités préférées. Six difficiles modules par semestre. Des dizaines de sous modules. Une centaine de concept à maitriser. Des examens qui durent un mois. Un mois de stress incroyable. Vint la fin de l’année universitaire, je peux enfin expirer mon souffle tant retenu. Année validée. Je passe au deuxième niveau de difficulté. Est-ce que vous pensez qu’un semestre ayant comme module la microbiologie, l’histologie, l’embryologie, la physiologie 1, la sémiologie 1 , l’anatomie 3, la médecine expérimentale et le secourisme serait facile à gérer ? Bien sûr que non..On passe à S4, et là on est surpris par les nouvelles décisions du ministère de l’enseignement et de l’éducation supérieure. Des lois injustes se sont imposées, des lois permettant aux étudiants des facultés privées- ou semi publique à but non lucratif, peu importe le qualificatif le statut demeure anonyme- de passer les concours d’internat et de résidanat organisés par les facultés et les chu publics et donc créer un chemin orné d’or pour une facile intégration du chu public. Et ce sont ces mêmes décisions qui ont débordé le vase et ont causé l’apparition des premières étincelles de notre mouvement militant.

Nous nous sommes révoltés contre cette injustice. Nous voulions que le parallélisme entre les deux secteurs continue à être maintenu et respecté. Nous ne voulions pas que le secteur privé s’alimente et s’améliore au dépens de son homologue public, qui lui souffre déjà d’une myriade de problèmes. Nous ne voulions pas que le scénario de la détérioration de l’école publique se répète. Nous refusions que nos postes de spécialité qui sont déjà très minimes ( 50 pour plus de 500 étudiants ) nous soient arrachés et enlevés. Notre droit à la spécialité est menacé non pas à cause de la compétence mais à cause de la préparation au concours. Pour vous éclaircir ce point, j’aimerais vous dire qu’en faculté publique, ce sont les étudiants qui préparent leurs propres questions. Tandis qu’au niveau des facultés privées, les étudiants ont des programmes tout prêts rédigés par leurs enseignants, qui sont éventuellement les nôtres. En plus, nos systèmes de correction, de validation sont totalement différents. Et en tenant compte de ma petite introduction, vous constaterez que les conditions d’accès sont différentes aussi (la crème de la crème).
Nous nous sommes aussi révoltés contre cette nouvelle réforme qui demeure floue. On ignore comment s’organisera le 3 ème cycle. Comment pouvez-vous continuer à étudier ? Comment pouvez-vous assurer votre futur si vous êtes constamment menacés par cet épouvantail qu’est la nouvelle réforme ? Savez vous que les étudiants actuellement en 4 eme année ne savent même pas le genre de diplôme qu’ils obtiendront ?
Comment voulez vous que votre stage se passe en de bonnes conditions quand votre santé et mentale et physique est constamment mise en jeu ?
Nous menons un combat depuis deux mois. Sommes-nous soutenus ? Malheureusement non. Nous sommes 18000 étudiants à nous battre avec férocité contre 2 ministères. Nos nombreuses manifestations étaient à la fois pacifiques et créatives. Mais Hélas, nous avons été confrontés à plusieurs occasions aux autorités. Nous étions des victimes de l’usage de force. Nous étions menacés par nos doyens. MAIS, aucune tentative n’a brisé notre volonté. Aucune tentative n’a détruit notre mouvement et aucune tentative n’a démantelé notre union. Aujourd’hui, nous combattons pour défendre la faculté publique et pour préserver notre Chu public. Aujourd’hui, nous sommes l’espoir des prochaines générations. Aujourd’hui, nous sommes ceux qui portent le lambeau d’un meilleur secteur de la santé et de l’enseignement public et donc d’un meilleur MAROC. Finie l’ère de la répression et de l’intimidation. Finie l’ère des menaces. Nous avons perdu des semaines de cours et de stage. Nous sacrifions pour assurer un brillant future et pour nous et pour les générations à venir.
Chers citoyens, nous protestions aujourd’hui non pas parce que nous sommes égoïstes, ou parce que nous voulons semer l’anarchie au sein de notre paisible société. Vous devez savoir que nous sommes profondément humiliés, méprisés et blessés. Il est temps d’agir et de rebondir. Il est temps que le lion qui réside dans chacun de nous se lève et revendique ses droits.
Nous ne renoncerons jamais à nos revendications. Soyez surs et certains que des étudiants ayant voté contre le projet d’accord n’hésiteront pas à boycotter les examens. Nous continuerons à maintenir notre grève et ce jusqu’à l’approbation de nos revendications.
LES ETUDIANTS NE REDOUTENT PAS UNE ANNEE BLANCHE
WE WILL KEEP FIGHTING UNTIL OUR LAST BREATH

كش ملك ايتها الوزارة

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