0

Tout est parti si vite. Avec la succession des décisions des ministères de santé et d’éducation, le dossier revendicatif des étudiants se remplissait et s’alourdissait  au fur et à mesure, et leurs voix -remplis de colère et surtout d’indignation- s’élevaient petit à petit pour se transformer de simple murmures, à bon entendeur ; à des rugissements et des cris exigeant le boycott pour manifester leur mécontentement face à ceux qui font la sourde oreille.

Aujourd’hui, les amphis des universités de médecine, pharmacie et dentaire sont vides, et les externes ont abandonné les services : LE NÉANT, car les étudiants ont tenu leur parole et sont en plein boycott. Maintenant les questions qui se posent : comment garantir la réussite de ce dernier ? Et comment profiter un maximum de cette grève intellectuelle pour faire entendre notre voix, nos revendications ainsi que nos réclamations à un maximum d’audience ?

C’est bien pour ces questions que cet article a été rédigé, rassemblant l’ensemble des conseils des anciens étudiants -témoins du boycott 2015- et le suc de leurs expériences, sous forme d’un ensemble de points primordiaux illustrant les piliers d’un boycott réussi.

1- La conscience et la responsabilité :

Si je devais choisir le point commun le plus évoqué entre tous les témoignages, ce serait probablement celui là. À un stade aussi avancé que le nôtre, revenir en arrière n’est plus une option valable, et n’importe quel faux pas entraînera une sanction que toutes les facultés subiront.

le boycott est l’une des étapes ultimes  de notre lutte, qui nécessite un minimum de conscience de la part des étudiants concernant plusieurs points : primo, le boycott n’est pas un joker et ne représente pas forcément une carte gagnante (la preuve est le boycott de FMPM en 2016 qui a connu un échec), et donc sa réussite repose essentiellement sur nos efforts et notre union en tant qu’étudiants. Secundo, il faut être bien conscient de nos revendications et exigences ainsi que les points du non retour : le boycott ne connaîtra pas fin tant que nos revendications ne sont pas exaucées en entier (et éviter ainsi de retomber dans la même erreur du boycott de 2015). Enfin tertio, il faut être conscient des conséquences et répercussions importantes du boycott et avoir une maturité et responsabilité qui donnent à chaque étudiant cette force et capacité à tout affronter, comme l’affirme Salim Guebbas (5ème année), un des étudiants témoins du boycott de 2015  “c’est un moyen très très difficile, qui est lourd de sens et lourd de conséquences pour le gouvernement et pour les étudiants aussi”

2- Ne pas confondre boycott et vacances :

Certes, c’est une belle occasion pour profiter à fond des grasses matinées, des après midi relax, et d’un rythme de vie plus calme et zen. Mais rien de tout ceci ne justifie l’absence d’un étudiant lors d’un sit-in ou d’une assemblée générale pour diverses raisons; notamment le fait que ses assemblées représentent un point de contact direct entre les étudiants et leurs représentants et garantie une communication efficace qui va permettre que tout le monde reste à jour et connaisse les étapes à venir ainsi que les décisions prises par la CNEM

3- Ne pas se retourner contre la CNEM :

Ce point représente la méthode la plus facile, rapide et efficace pour assurer l’échec de notre boycott. En semant le doute et les accusations de trahison, notre récolte puera la dispersion et l’hostilité.

Avant tout, gardons en tête que c’est nous qui les avons élus, qu’ils sont pour la plupart des anciens expérimentés et capables d’envisager tous les scénarios et de différents angles, et qu’ils sont -comme nous- des étudiants, qu’on est du même camp et qu’on partage tous le même rêve intitulé médecine

“ Le nombre de personnes influencés par des simples rumeurs et posts sur les réseaux sociaux est grandiose; nous ne devons pas tomber dans ce piège : ne croyez pas tout ce qui est écrit, et ne participez pas à sa propagation. Parlez en d’abord à vos représentants, ils auront forcément des explications à vous fournir”  Amal Aoiar (5ème année)

4-  Ne coupez pas les ponts avec les études (fallait bien une remarque nerdy)

Avec l’arrêt des cours et des stages, c’est normal qu’on perde tous l’envie du travail, et le rythme de tous les jours, mais vaut mieux quand même faire un effort et étudier ses cours par soi-même, ou au moins les relire en tenant compte du fait que le boycott pourrait bien se terminer avant la date prévue pour les exams

5- Avoir l’esprit du groupe :

Tout le monde est responsable à part égale et doit faire tout son possible pour faire réussir le boycott. On est tous concernés et impliqués, et donc il faut se montrer coopérant et actif un maximum ; en utilisant notre créativité pour créer de nouvelles idées et concepts dans le but de sensibiliser la plus grande masse populaire possible : car si on arrive à attirer la compassion et l’empathie du public, et bien sachez que ceci représenterait en lui-même un gain immense mis à part nos revendications et nos exigences.

6-  ET ENFIN

Pour un peu de motivation, gardez chers étudiants en tête que ce boycott est à une échelle nationale, et donc l’intérêt des étudiants trônera au sommet de la liste des priorités. Gardez aussi que la cause de notre lutte est très noble ; et qu’on ne demande pas plus de nos droits ainsi que celles des générations à venir. Donc restons unis car notre union est notre carte la plus forte pour faire pression; une fois qu’on la perdra sachez que la bataille sera perdu aussi

Agissons en toute responsabilité, n’attendons pas que quelqu’un le fasse à notre place

« Sois le changement que tu veux voir dans le monde » Gandhi


Chroniques d’une externe en Gynécologie

Previous article

الطب و المطر

Next article

You may also like

Comments

Leave a reply

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Résoudre : *
6 × 28 =